Dossier : Femmes rurales, femmes avant tout
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A l’occasion de la journée de la femme du 8 mars, nous sommes allé à la rencontre des femmes de la campagne ornaise. Qui sont-elle, comment expriment-elles leur féminité au quotidien ?

Les bottes sont avant tout un outil de travail
D’emblée, Monique Taupin annonce la couleur : son métier est plus un choix de vie qu’une simple orientation professionnelle. « Je fais un métier que l’on choisit, on ne devient pas agriculteur par hasard, c’est un vrai engagement avec beaucoup de contraintes ». L’agriculture est une passion qu’elle marie quotidiennement à sa vie de famille. Son métier offre à ses yeux le rare privilège de rester présent pour ses enfants. « Nous sommes toujours présents sur l’exploitation mon mari et moi, témoigne-t-elle. C’est un atout, les enfants vivent avec nous, on les voit grandir ». Un des inconvénients qu’elle souligne est la pénibilité physique : « Je suis un peu cassée de partout ! », confie-t-elle. Selon elle, les conditions des femmes dans son métier ont nettement évolué. « Aujourd’hui les jeunes femmes qui s’installent sont beaucoup plus déterminées, plus formées également, ce n’est pas une situations subie comme par le passé, témoigne-t-elle. Pour ma part, je ne suis pas une femme de l’ombre non plus, je prend des décisions au même titre que mon mari ».
Pour Monique Taupin, sa vie de femme n’est pas incompatible avec son son métier. « Etre féminine n’est pas incompatible, confesse-t-elle. Si l’on a aucune vie extérieure, c’est sûre que l’on s’enferme. Mais je sors quand je peux, j’ai une vie sociale et culturelle, je m’accorde autant que possible du temps pour moi ». Shopping et activités font également partie des impératifs de son emploi du temps, même si elle confesse ne pas s’accorder autant de moments qu’elle le souhaiterait. « A chacune son moment de détente, la féminité ne passe pas forcément par le maquillage ! », déclare Nathalie Leroux, esthéticienne à L’Aigle. Dans son salon, elle voit tous les jours des femmes de toute condition. Pour elle, la femme rurale n’a pas de spécificité particulière. « La condition de la femme a bien évolué, dans ma clientèle j’ai aussi bien des cadres que des agricultrice, des jeunes et des retraitées. la femme de la campagne ne se réduit pas à des clichés ! »
Vivre à L’Aigle est un choix pour elle; elle a travaillé dans une grande ville par le passé, et a préféré revenir à ses racines. Elle défend la féminité rurale comme une évidence. « Mes clientes agricultrice, quand elles viennent me voir, ont des tenues très féminines, poursuit-elle. Les bottes, les côtes, c’est une tenue de travail, ni plus ni moins… qu’elles sont bien contente de quitter ! »

Alexandra Morin : "les femmes cherchent à être plus sensuelles aujourd'hui"
Odette est également agricultrice au cœur du pays d’Auge. Pour elle, la coquetterie commence dès qu’elle quitte son travail sur l’exploitation où elle travaille. « Bien sûr, je ne vais pas me maquiller pour aller traire les vaches ! sourit-elle. Mais quand je sors, ou même parfois le soir pour mon mari, j’aime maquiller, me pomponner un peu. C’est important pour moi, cela m’aide à me sentir femme ». Un besoin de féminité qu’on bien compris les commerçants. A L’Aigle, Alexandra Morin tient la boutique de lingerie Pensée Coquine. « Les femmes à ce que j’en vois cherchent à être plus sensuelles, ce qui se traduit par l’achat de lingerie un peu plus sexy, témoigne-t-elle. J’ai une grosse clientèle d’agriculteurs, et comme beaucoup de femmes elles porteront une lingerie plus basique la semaine, en se faisant plaisir avec des choses plus travaillées le week-end, ou le soir ». Un état de fait que synthétise Nathalie Leroux. Pour elle, quel que soit son milieu, la femme contemporaine s’est réapproprié sa féminité en prenant soin d’elle. Bien souvent avec les encouragement de ces messieurs. « Ce sont souvent les maris qui offrent des soins à leur épouse, ils ont compris qu’elles ont besoin de moments pour elle. A mon sens, où que l’on soit, la féminité tient avant tout dans le fait d’être bien avec soi-même ; C’est vraiment quelque chose de très personnel, qui appartient à chacune de nous ! »
Etienne Deschaseaux



