L’Aigle : Les nomades de Fanny Ferré s’exposent à l’espace des Tanneurs
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Les statues de Fanny Ferré ont attiré près de 100 personnes dès le 6 mars pour le vernissage de son exposition à l'espace des Tanneurs
Exposition “D’eau, de terre et d’âme” de Fanny Ferré à l’espace des Tanneurs de L’Aigle. Renseignements au 02.33.84.16.10
Entre les murs blancs de la salle d’exposition de Tanneurs, les nomades de Fanny Ferré semblent traverser une dimension qui n’est pas la leur.
“Saisissant”, tel est le mot qui circule de bouche en bouche. Pourtant, les statues perdent un peu de leur magie hors des murs de leur créatrice. De l’aveu de certain, c’est plutôt l’écrin qui se montre un peu fade. Ainsi lors de son discours inaugural, Thierry Pinot glisse, au détour d’une phrase : « peut-être ces œuvre seraient-elles plus en valeur dans un cadre plus majestueux, comme l’église Saint-Barthélémy ? » Il est vrai que l’éclairage diaphane et jaunâtre de la salle n’est pas des plus gratifiants. Toujours est-il que le rendu du mouvement commun à toutes les statues de Fanny Ferré reste magistral, quel que soit leur environnement. Et leur taille : durant cette exposition, l’artiste propose des petits formats plutôt inhabituels. « Je suis surpris par ces petites figures qui ont autant de charmes que les grandes, il y a une force évidente qui se dégage de la matière comme elle est travaillée », confie François Dubois, professeur d’Art Plastique. Et d’ajouter dans un souffle, comme le plus beau des hommages : « cela me fait penser à Ousmane Sow ».
Comme indifférentes aux yeux des visiteurs, les statues formant “le passage”, l’œuvre maîtresse de la sculptrice, semblent prètes à disparaître. Effet surprenant, on se sent presque observés par ces figures de terre cuite, que l’on craindrait presque de déranger. Parmi elles, le fils de Fanny Ferré, Joseph, s’amuse du succès de sa mère. « On se demande où elle trouve toutes ces idées, sourit-il. On a l’habitude de voir ces statues chez nous, c’est bizarre de les voir ici ! Mais c’est une fierté de voir le travail de notre mère reconnu comme ça ». Près de lui, sa petite sœur rosit de consentement. Un peu plus loin, Serge Delavallée, adjoint aiglon à la culture, est tout sourire. L’exposition est un des points d’orgue de “sa” saison. « C’est vraiment mon coup de coeur, s’enthousiasme-t-il. On a l’impression d’une réalité, d’une marche en avant, un peu à l’opposé d’une sculpture qui par essence est fixe… c’est sublime ! »
Etienne Deschaseaux



