L'Aigle Infertilité. « C'est dans la douleur que la victoire prend toute sa saveur »

C’est une grande cause d’infertilité. L’endométriose a sa journée elle est fixée au 13 mars. L’endométriose est une maladie gynécologique complexe. Témoignage.

07/03/2017 à 15:01 par francoise.roussel

Tout un symbole
Tout un symbole

L’endométriose est une maladie gynécologique assez fréquente, elle concerne en effet une femme sur dix. Elle est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus.

Les symptômes

Le symptôme majeur est une douleur pelvienne récurrente, parfois, très aiguë, notamment au moment des règles. Le caractère cyclique est évocateur de la maladie. Les lésions sont sensibles aux hormones féminines et se comportent donc comme du tissu utérin. Les lésions prolifèrent donc, saignent et laissent des cicatrices fibreuses à chaque cycle menstruel. Certaines femmes souffrent également lors des rapports sexuels.
Mais la maladie peut être totalement asymptomatique. Elle est donc découverte par hasard, avec un retard moyen de cinq années. Le temps de causer des dommages notables à différents organes. Dans ce cas elle est généralement découverte alors que la patiente consulte en raison d’une difficulté à concevoir un enfant.

Traitement

Un traitement hormonal est généralement prescrit. Des médicaments anti-œstrogène, destinés à réduire les saignements sont administrés lors de ce traitement. A la suite, des cures de ménopause artificielle peuvent être proposées au moyen d’injections mensuelles. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent également être prescrits.
En cas d’échec de traitement médicamenteux, un recours à la chirurgie peut-être envisagé. Cette intervention chirurgicale a pour but d’éliminer les implants d’endométriose au laser. Il s’agit de chirurgie conservatrice, surtout chez les femmes de moins de 40 ans ayant un désir de maternité.
Dans les cas les plus sévères, une hystérectomie (ablation de l’utérus) peut être nécessaire.
La maladie commence à être plus connue parce qu’elle touche des femmes connues telles l’actrice Laëtitia Milot ou la chanteuse Imani.

Témoignage

Jessie a accepté de témoigner même si évoquer ces moments est encore difficile pour elle et son compagnon.
« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Fin. C’est souvent comme ça que se terminent les belles histoires dans les livres qu’on nous lit lorsque nous sommes enfant. Mais un jour on grandit et l’on se rend compte que ce n’est pas si simple. Ils se marièrent, ils galérèrent à avoir des enfants… Bon, c’est nettement moins vendeur et rêveur. Pourtant, c’est ma vie, notre vie…
Un jour, on a décidé d’avoir un enfant. Les mois passent et se ressemblent, on est patient, la vie est devant nous et nous appartient. On sourit et félicite les amis qui nous annoncent l’arrivée prochaine de leurs bébés en se disant que bientôt ce sera notre tour. Puis un jour on félicite les futurs parents en sentant un pincement au cœur… On sourit devant les bébés pour ne pas pleurer, on sourit encore plus pour ne pas s’effondrer ».

Une longue liste d’examens

« Alors », poursuit-elle, « on va honteusement voir son médecin pour lui expliquer que ce qui est si naturel pour tous semble bien compliqué pour nous. Alors commence la longue liste d’examens plus douloureux les uns que les autres. On range sa pudeur, son intimité, sa fierté et l’on va, de prise de température quotidienne en échographies, en hystérographie. Rien de vraiment parlant.
On décide alors de m’opérer par cœlioscopie, pour voir. A mon réveil je n’ai de cesse de demander « alors ? » Le chirurgien passe me voir, m’explique calmement mais ce que j’en retiens c’est « endométriose, blabla… infertilité, blabla…, injections, blabla… ménopause artificielle, blabla… six mois, blabla. Effet rebond… blabla, PMA (procréation médicalement assistée) ».
Jessie ne comprend pas ce qui lui arrive. « Endo quoi ? C’est quoi ce truc ? Une ménopause, mais pourquoi ? On relève la tête on discute avec un professionnel aussi investi qu’humain. Il n’y a pas de traitement contre cette saleté. Elle partira quand je serai ménopausée. Je n’ai que 28 ans, ce n’est pas vraiment au programme ».

Un corps endolori

« Et ce bébé ? L’endométriose est la première cause d’infertilité en France, mais l’ensemble de celle-ci a pu m’être retirée. Elle reviendra, c’est ainsi, aujourd’hui on ne peut pas la soigner. La ménopause artificielle l’empêche de revenir et met au repos les ovaires, etc.
Mon corps endolori par tous ces examens en reprend pour six mois d’injection. Ce traitement est dur à supporter, les bouffées de chaleur, les vertiges et malaises se succèdent. Je sais que ce traitement de choc ponctuel va faire tituber cette endométriose mais ne la mettra pas K.O ». La jeune femme sait que même si le traitement fonctionne, la maladie ne sera pas pour autant partie.

La plus belle des victoires

« Quelques mois après la fin des injections, je n’ai pas gagné ce combat contre cette maladie, mais la plus belle des victoires a pointé le bout de son petit nez ».
Le sourire aux lèvres, Jessie avoue son bonheur car « aujourd’hui, je suis maman, et il n’y a rien de plus beau. Je suis aussi une « endogirl », j’avance avec ma maladie, je sais que l’avenir ne sera pas toujours facile. Mais j’ai à côté de moi, une petite bouille qui me rappelle qu’il y a des combats qui méritent vraiment d’être menés, même si c’est dans la douleur, la victoire en prend toute sa saveur. Autour de moi les langues se délient, beaucoup (trop) d’endogirl, de souffrances dans le silence, d’ignorance…
Alors, juste une journée, le 13 mars, pour parler de ce qui se passe chez nous, chez vous, mettre un ruban jaune pour signifier votre soutien à toutes ces femmes, pour faire connaître cette maladie. Tout simplement pour « fight endo like a girl » (battre l’endo comme une fille) ».


Soutenir, informer, agir
RUBAN-ENDO.JPG
Quelques associations existent en France qui œuvrent pour l’endométriose, il s’agit de : EndoFrance, ENDOmind France, Ensemble contre l’endométriose et Mon Endo ma souffrance. Elles possèdent toutes un site internet et une page Facebook.
Une marche est organisée, à Paris, elle s’appelle Endomarch samedi 25 mars.
Pour montrer votre soutien à toutes ces femmes qui souffrent souvent en silence, portez un ruban jaune, pour la lutte contre l’endométriose, lundi 13 mars.

61300 L'Aigle

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